Il y a des hôtels qui occupent un bâtiment, et puis il y a Crillon le Brave, qui occupe un village. Deux douzaines de maisons en haut d’une colline du Vaucluse, reliées par des ruelles en escalier et des jardins clos, ont été tissées ensemble en trente ans pour former l’une des adresses les plus discrètement sûres de Provence. On n’y prend pas une chambre, on y emménage.
Les chambres sont ce que les Français appellent sobre au meilleur sens — murs à la chaux, linge ancien, quelques belles pièces et rien qui ne crie. Le sujet n’est pas la chambre. Le sujet, c’est la terrasse au-delà, et la vue sur la plaine jusqu’au mont Ventoux, qui vire au rose à six heures et à l’indigo à neuf.
Le dîner se prend dans l’ancien bistrot ou, l’été, sur la terrasse sous les platanes. La cuisine reste locale et sans chichis : légumes du potager, agneau des Alpilles, une carte des vins qui rend enfin justice au Rhône méridional. Le petit-déjeuner — figues, miel, fougasse tiède — suffit à justifier une seconde nuit. Lisez notre guide des tables de Provence.
Crillon-le-Brave est à quarante minutes de la gare TGV d’Avignon et à mille lieues de tout. Venez en voiture ; les routes secondaires par Bédoin et les vignes font la moitié du plaisir. Voir aussi notre week-end dans le Luberon.
« Le genre d’endroit qui vous gâche, doucement, tous les hôtels ordinaires. Venez pour deux nuits ; vous regretterez de ne pas en avoir réservé trois. »