Roussillon se dresse sur une crête au cœur du Luberon, et le village tout entier a la couleur du sol sur lequel il repose — parce qu’il en est fait. Les maisons sont teintées de chaque nuance que recèlent les falaises au-dessous : rouge sang, abricot, orange brûlé, or pâle. Deux siècles durant, ce fut une ville de pigment, et la couleur n’en est jamais repartie.
I. Le village de la couleur de ses falaises
Montez jusqu’au Castrum, tout en haut, pour la vue, puis redescendez par les ruelles — une façade lie-de-vin, la suivante safran, des volets du vert des vieux cuivres. Roussillon est l’un des Plus Beaux Villages de France, et fait rare, il mérite le titre au ras du pavé plutôt qu’à distance de carte postale.
« Les maisons sont peintes avec la colline elle-même — il n’y a pas d’autre palette ici. »
II. Le sentier des Ocres
Sous le village, le sentier des Ocres serpente entre les anciennes carrières — une courte boucle balisée entre falaises et cheminées de pigment brut, la Chaussée des Géants dressée en piliers de rouille et d’or. Ne portez rien que vous craigniez de tacher ; la poussière s’infiltre partout, et c’est un peu l’idée. Le sentier ferme l’hiver et les jours de pluie.
III. Ôkhra, et le métier qui fit la couleur
Sur la route d’Apt, l’ancienne usine Mathieu est devenue Ôkhra, un conservatoire de la couleur où l’on voit comment le pigment était lavé, décanté et cuit. Pour plus de paysage brut, le Colorado provençal de Rustrel, à quelques kilomètres à l’est, ouvre un canyon plus vaste de la même terre ardente.