Le pont du Gard ne porte plus ni route ni eau, et reste l’une des choses les plus stupéfiantes que les Romains aient laissées — trois étages d’arches de pierre dorée, à cinquante mètres au-dessus du Gardon, bâtis au Ier siècle pour faire franchir la vallée à un aqueduc, sur sa course de cinquante kilomètres jusqu’à Nîmes.
I. Le pont sur le Gardon
Il fut élevé sans mortier, les blocs taillés si juste qu’ils tiennent depuis deux mille ans ; certains portent encore les marques des tailleurs et les pierres en saillie laissées pour les échafaudages. Venez tôt ou tard et parcourez les deux rives — l’échelle ne se révèle que lorsqu’un passant traverse sous l’arche basse et se réduit à rien. L’été, la rivière en contrebas est faite pour la baignade.
« Deux mille ans, sans mortier, et pas une pierre n’a bougé. »
II. Nîmes, la plus romaine des villes de France
L’eau courait jusqu’à Nîmes, l’antique Nemausus, qui garde plus de Rome que toute autre ville de France. Les Arènes, amphithéâtre du Ier siècle, comptent parmi les mieux conservées au monde et se remplissent encore pour les spectacles ; la Maison Carrée, temple presque parfait, se dresse au cœur de la ville comme depuis deux millénaires, face désormais à une galerie moderne de l’autre côté de la place.
III. Jardins, denim et la route au-delà
Derrière le temple, les jardins de la Fontaine furent dessinés au XVIIIe siècle autour de la source romaine, montant à la tour Magne pour la vue sur les toits. Nîmes a aussi donné au monde un mot dont elle ne réclame jamais le crédit : la toile solide serge de Nîmes — le denim. D’ici, le Languedoc s’ouvre vers l’ouest, vers la côte et le canal.