Sète tient sur une étroite bande de terre entre la Méditerranée ouverte et le vaste étang de Thau, entrelacée de canaux où les barques de pêche vont et viennent. Elle se dit l’île singulière, et elle l’est plus ou moins — un port en activité avec son accent, sa cuisine et une colline au milieu à gravir pour la vue.
I. Les canaux et les joutes
Le canal Royal traverse le cœur de la ville, bordé de restaurants de poisson et des chalutiers qui s’amarrent entre deux sorties. Les jours de fête d’été, le canal accueille les joutes nautiques — deux hommes sur des barques rivales tâchant de se jeter à l’eau à la lance, une tradition sétoise vieille de trois siècles et prise tout à fait au sérieux.
« Un port entre deux eaux, avec son accent et une colline pour les voir toutes deux. »
II. La colline et les poètes
Au-dessus de la ville, le mont Saint-Clair offre la grande vue sur la mer, l’étang et les toits. Sur son flanc, le cimetière marin regarde l’eau — le poète Paul Valéry, qui le nomma dans son poème le plus célèbre, y repose, et, dans un autre coin de la ville, le chanteur Georges Brassens aussi. Sète garde les siens.
III. L’étang et la table
Derrière la ville, l’étang de Thau élève les fameuses huîtres et moules, suspendues à des cordes sur des tables de bois et ouvertes à quelques mètres de là où elles ont poussé, à Bouzigues et Marseillan sur l’autre rive. En ville, goûtez la tielle, la tourte de poulpe épicée, pur Sète — et fort peu mangée ailleurs.